NON le Numérique n’est pas une fatalité, il est bien complémentaire au papier, la preuve sur GRAPHITEC 2017 – Reportage de Corinne Estève Diemunsch, pour les lecteurs de DOCaufutur

Pour sa 16ème édition qui s’est tenue les 30, 31 Mai et 1er Juin derniers, ce sont plus de 10 000 visiteurs professionnels qui se sont déplacés pour voir les 120 exposants et nombreux experts des Arts et de la Communication Graphique.

Dès son accueil, GRAPHITEC affiche le ton haut en couleurs : gaies et fraîches ! Une atmosphère à l’image de la bienveillance et du professionnalisme de l’équipe organisatrice ; une ambiance dans laquelle on se sent bien, serein, ouvert, chez soi !

Les allées sont suffisamment larges pour que les visiteurs venus pour cet événement attendu tous les deux ans à Paris se croisent sans se gêner; puissent s’arrêter pour échanger avec des têtes connues du métier; découvrent calmement les stands et les équipements exposés… Chacun a fait des efforts. Les exposants ont déployé toute leur créativité pour attirer les visiteurs sur leur stand au design souvent superbe, redoublant d’intérêt pour les machines et solutions proposées.

Un salon ponctué de surprises

Les nouveautés réservées aux grands salons internationaux ne sont pas en reste. Les innovations renouvellent l’industrie et redistribuent les cartes.

Ainsi les coups de cœur des GRAPHITEC’XPERTS pilotés par Daniel Dussausaye de Presse Edition ont récompensé 14 entreprises pour leurs nouveautés les plus marquantes, utiles ou innovantes et une jeune société, 5 SEPT DIRECT.COM.

Les chasseurs de contenus, de présentations, d’échanges ou encore d’annonces ont aussi trouvé leur bonheur

Lors des « Matinales », le S.I.N. et l’équipe de GRAPHITEC ont organisé une visite privative des stands des Partenaires du Syndicat. CP Bourg, Duplo France, Konica Minolta, Pitney Bowes, Ricoh, Riso France, et Trias ont ainsi pu présenter leurs solutions innovantes.

Les membres du Mail Quality Club, l’association des grands émetteurs de courrier en France, a également été accueilli par Pitney Bowes, Ricoh et Riso France pour des démonstrations personnalisées et détaillées de leurs nouvelles offres. L’association participait aussi aux quelques 30 conférences qui ont permis aux visiteurs de faire un très large tour d’horizon de l’industrie des Arts et de la Communication Graphique.

Comme par exemple au travers de la table ronde du Mail Quality Club dont le thème était « Retours d’expérience des grands émetteurs de courrier: évolution des communications papier et numériques » avec Jean-Paul Fétu – BNP Paribas, Jean-Christophe Tran – Groupe BPCE, François Lampe – Pôle Emploi, Philippe Coulais – MAIF, Pascal Lenoir – Kalpa Conseils.

Si le monde du document connait des bouleversements depuis quelques années, il n’est pas un cas isolé. Ainsi l’univers de la photo a connu sa révolution. On prendrait aujourd’hui autant de clichés en 5 secondes, qu’en une heure en 1930 ! Normal pensez-vous, car nous sommes de plus en plus nombreux à être équipés d’un appareil photos grâce aux smartphones. Et, rebondissement sur le monde de l’impression papier, les ventes d’albums photos vendus en ligne ne cessent de croître. En 2015 MonAlbumPhoto.fr affichait 5 millions de produits vendus et, pendant la période de Noël, 16 000 colis emballés par jour.

Du côté de la musique, le parallèle est aussi intéressant. D’après les chiffres du SNEP, le marché numérique de la musique a connu une progression constante, passant de 50,8 millions d’euros en 2007 à 182,6 millions en 2016, dont 143,6 millions d’euros pour le streaming. Mais il est à noter qu’en 2015 et 2016 les marchés du numérique et du physique se sont stabilisés avec environ 41% de revenus via le numérique. Les supports évoluent mais ne se remplacent pas ; ils se complètent dès lors que les usages sont avérés.

Dans le secteur du document chez les grands comptes et plus particulièrement pour les membres du Mail Quality Club, un sondage réalisé au mois d’Avril dernier, révèle qu’environ 32% des courriers sont désormais dématérialisés avec en tête de liste des facteurs qui favorisent le numérique, le prix de l’affranchissement, même si l’image de l’entreprise suit de près, de même que l’amélioration de l’expérience client. Globalement ce sont les gains sur les frais généraux qui accélèrent la transition. Pascal Lenoir, fort d’études à l’appui, explique que la vitesse de la diminution du volume de courriers tant à se ralentir. Cela serait entre autre lié à des éléments culturels et à la vitalité économique des pays plutôt qu’aux effets de la dématérialisation. De fait, il a été observé que plus le PIB d’un pays augmente, plus le volume de courrier physique comme numérique s’amplifie.

Les grands comptes ne sont pas en reste sur les innovations apportées par le Mix papier-numérique. A l’instar du Clickable Paper de RICOH, le papier connecté est une piste intéressante tout comme la vidéo interactive proposée par Pitney ou DataOne. MAIF modernise ses échanges sociétaires avec un QR code intelligent proposé par la société Ubleam.

Pour DOCaufutur GRAPHITEC a également été l’occasion de recevoir autour d’une table ronde des experts reconnus du secteur : Evelyne Maisonneuve, leader de la communauté CCM (Customer Communications Management) de onepoint, Loïc Lefebvre, Directeur Développement du groupe DIFFUSION Plus, Jean-Philippe Khristy, Directeur du Pôle Relation Clients chez DOCAPOST Services de Confiance – SEFAS, Jean-Claude Oertel, Consultant Sénior de KALPA Conseils et Julien Etienne, Digital Evangelist, expert en publication omnicanale chez FUEL DIGITAL.

Le débat portait sur la « Gestion des communications 3.0, au cœur de la Transformation digitale ». Avec force chiffres et démonstrations live, les orateurs ont partagé leur vision sur l’évolution des technologies, outils, bonnes pratiques métier jusqu’à l’indispensable expérience client omnicanal et la nécessité de porter les données et informations dans des univers numériques et physiques.

Dans un grand vertige de nouvelles technologies et de solutions plus prometteuses les unes que les autres, les experts sont unanimes: NON le Numérique n’est pas une fatalité, son usage se décide, se réfléchit et doit impérativement être adapté aux usages.

Les chiffres du marché

Les conférences GRAPHITEC ont aussi été l’occasion de faire un point sur l’évolution, à l’horizon 2018/2022, des différents marchés de cette industrie. Ainsi malgré un volume total d’impressions en chute de 50,5 trillions de A4 Imprimés en 2010 à 49.0 trillions de copies A4 prévu en 2020, la production mondiale d’impression industrielle et numérique est en hausse ; elle représentait une valeur de 806 milliards de dollars en 2010 versus aujourd’hui 824 milliards de dollars (Smithers Pira). Pour les experts d’IT Strategies, le secteur de l’impression industrielle devrait passer, au plan mondial, de 100 milliards $ à 120 milliards $ d’ici 2022. Le marché mondial de l’impression numérique (y compris l’industrie du livre) pourrait atteindre 187,7 milliards $ d’ici 2018 (Smithers Pira).

De son côté le marché mondial du Web to Print (W2P) devrait atteindre 1,3 Milliard de $ en 2022.

Alors qu’en 2016, le marché mondial de l’emballage et de l’impression jet d’encre devrait peser quelques 61,9 milliards de dollars, soit l’équivalent de 526 milliards de tirages A4, selon le bureau d’étude Smithers Pira, le marché mondial des machines d’emballage et de conditionnement devrait croître à un rythme annuel de 4,6 % jusqu’à fin 2017 pour atteindre 41,8 milliards de dollars, selon l’Observatoire de l’emballage.

Côté impression 3D, les ventes mondiales d’imprimantes ont atteint 455 772 d’unités l’an dernier. C’est plus du double par rapport à 2015 (source Gartner). Malgré un ralentissement de la croissance, les ventes devraient exploser et dépasser les 6,7 millions d’unités d’ici 2020.

Des annonces

Reflet de toute la filière graphique (Web to print, cross média, création, gestion de production / mis, pré-presse, impression numérique, jet d’encre et laser, grand format, impression offset, packaging/étiquettes, communication, façonnage/finition, support & médias,…) GRAPHITEC a été l’occasion d’annonces.

Nous n’en partageons ici que quelques-unes :

ADIICT avait réservé en exclusivité pour les visiteurs de GRAPHITEC le lancement de son nouveau module GESTION DE PROJET dont l’objectif est la visualisation et la gestion instantanée de l’ensemble des projets grâce à un portail dédié intuitif et ergonomique.

Le WEB TO PRINT ADIICT est une solution collaborative digitale unique pour personnaliser, visualiser et gérer les commandes pour impression à travers une interface intuitive.

Agfa Graphics a présenté l’ensemble de ses gammes produits tout en confirmant son ambition de mettre en avant des solutions particulièrement innovantes (applications modulaires en mode ‘Cloud’ et portabilité sur les appareils nomades), avant-gardistes ou synonyme de ‘rupture technologique’.

Ainsi l’entreprise a présenté en avant-première en France la JETI TAURO H2500 LED, une imprimante hybride comprenant un système Roll-to-Roll intégré pour les supports souples, et d’un mode manuel de chargement pour les supports rigides. Le module optionnel d’automatisation ABF (Automatic Board Feeder) est une version hautement productive, permettant de bénéficier d’un chargement automatisé en continu. La Jeti Tauro H2500 LED est incontestablement le produit phare de la gamme des solutions jet d’encre LED UV grand format d’Agfa Graphics, et s’inscrit déjà comme la référence incontournable de sa catégorie dans le marché.

En avant-première mondiale au Salon Graphitec APPLIGRAPHIC a déployé la Xerox® Versant® 3100, presse de production puissante, capable d’imprimer à une vitesse de 100 ppm sur du papier et des supports spéciaux de 52-350 g/m².
GIC a présenté la DYXEE CUT 350L, une solution de finition et d’ennoblissement destinée au secteur de l’étiquette. Équipée d’une découpe semi-rotative, elle peut être complétée par une dorure digitale. Cette solution est compatible avec la presse numérique « Business Hub Press » C71cf de Konica Minolta. Entièrement modulaire, un groupe flexographique, une unité de lamination ou un système d’échenillage peuvent être ajoutés à cet équipement. Elle permet de façonner tous les formats d’étiquettes.

Cette année, Imprim’Vert a innové ! Le regroupement met à disposition des imprimeurs titulaires de la marque, un logo personnalisé leur permettant de s’identifier grâce à un code de référencement. Ce code permet de retrouver directement les coordonnées de l’imprimeur concerné dans l’annuaire sur le site internet modernisé avec la mise à disposition de nouveaux outils pour les imprimeurs, notamment un registre déchet. Fort de son réseau de plus de 2000 imprimeurs en France mais aussi en Europe, ce label fêtera ses 20 ans en 2018 !

En première mondiale, MGI DIGITAL TECHNOLOGY a présenté sur GRAPHITEC une JETvarnish 3D Web dotée d’un module de découpe, échenillage et refente semi-rotatif.

Présentée à la Drupa en 2016 et pour la 1ère fois en France PITNEY BOWES a exposé sa nouvelle machine de mise sous pli PULSE, dernier maillon de la chaîne graphique. Le routage devient désormais accessible ; la PULSE permet de traiter les petites séries, multi-formats jusqu’à 12 mm d’épaisseur (catalogues, brochures, encarts, lettres…). Chez RICOH nous pouvions découvrir une configuration inédite de la presse Ricoh Pro C9100 avec le module en ligne 600R de Duplo (13 mètre de long). Les presses couleur Ricoh Pro C9100 peuvent s’intégrer dans un flux documentaire hybride et offrent une meilleure flexibilité, une qualité d’impression exceptionnelle, une haute productivité et une capacité de production plus élevée. Elles complètent la technologie offset existante pour fournir des fonctionnalités de gestion des supports et des données exceptionnelles. Le système de brochage en ligne 600R prend en charge la production de livrets au format A4 à l’italienne grâce à sa capacité de gestion des formats longs imprimés sur les Ricoh Pro C9100.

RICOH exposait aussi sa nouvelle Pro C5200 et son excellente qualité d’impression présentée dans le pôle Colorimétrie / PSD. Encore plus polyvalents, les nouveaux systèmes d’impression Pro C5200 s’intègrent partout tel que dans les environnements Pro avec des qualités qui les rendront indispensables grâce la haute qualité d’image, la gestion des médias élargie, les nouvelles options et l’ergonomie maximale. Et également dans les environnements mixtes grâce à un temps de préchauffage plus court, une recherche avancée de réduction du bruit et l’écran entièrement tactile avec navigateur web, widgets & apps Ricoh.

 

En conclusion nous dirons que la filière se porte finalement bien si l’on en croit les larges sourires sur le salon, malgré les difficultés bien réelles connues. GRAPHITEC s’est taillé un nom et devient une marque incontournable dans les événements métier. Cet événement biennal BtoB a su réunir tous les sujets relatifs à l’industrie : technologies et équipements, tous formats, tous médias, imprimés et numérique. Le salon a su captiver par la richesse des débats et les exposants surprendre par les nouveautés présentées sur les stands.

 

Reportage de Corinne Estève Diemunsch, pour les lecteurs de DOCaufutur

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