Drupa, Graph Expo, Comparting, chacun à leur niveau, ces événements confirment une mutation profonde, et à l’échelle mondiale, des industries documentaires, désormais nettement dominées par le digital. Une page est bel et bien tournée en 2016 sur fond de reprise d’activité.

« Le digital, c’est maintenant », c’est sans doute avec cette conviction que seront repartis les quelques 600 invités du dernier Comparting, qui s’est tenu les 17 et 18 novembre dernier près de Stuttgart, en Allemagne. L’éditeur de la suite DocBridge y annonçait une nouvelle solution, DocBridge Impress, conçue pour unifier et standardiser la composition et la gestion des documents sur tous les canaux. Un pas décisif vers la digitalisation selon Harald Grumser, CEO de Compart, qui passe par l’abandon du format de page. « Nous sommes incontestablement à un tournant, ou plus exactement au moment critique où le marché bascule », analyse pour sa part John Lynch, patron de la filiale américaine de Compart. Et il en veut pour preuve la profonde transformation du salon américain Graph Expo, qui s’est tenu en septembre dernier. Est-ce le changement de climat (de Chicago, Illinois à Orlando, Floride) ou bien le témoignage d’une mutation en profondeur de l’industrie, « j’ai réalisé cette année que ce grand rendez-vous de la production documentaire ne serait plus jamais le même. Une étape a été incontestablement franchie sous l’effet de la digitalisation », témoigne John Lynch. Une mutation dont il faut bien plus se réjouir que s’inquiéter, précise-t-il, tant elle témoigne de la vitalité d’une industrie que l’on donnait il y a encore peu comme moribonde.

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La fin des silos

Drupa, Graph Expo, et à sa mesure le Comparting, donneraient le ton d’une industrie partie à la reconquête, poussée par des clients désormais impatients de voir les professionnels du secteur sortir d’une longue période de pessimisme. Si l’imprimé est encore là pour longtemps, celui-ci doit désormais tenir pleinement compte du digital et se mettre au niveau. Une évolution qui passe par plus d’automatisation et de standardisation. « Les logiciels, et ce qu’il y a derrière, les données, prennent une place de plus en plus grande dans la chaîne de valeur », observe John Lynch avant d’évoquer les technologies présentées en mai dernier lors de la Drupa de Düsseldorf. Synergie croissante des marchés européens et américains où la consolidation des prestataires de services d’impression, l’évolution des demandes clients et le besoin de plus de personnalisation se combinent pour appeler à renforcer l’efficacité, la qualité et la productivité dans tous les compartiments de la chaîne de production. A côté des innovations les plus spectaculaires en matière de supports d’impression, la principale évolution à retenir pour l’année 2016 tient à la fois dans la victoire désormais définitive de l’impression digitale (à jet d’encre), et, souligne John Lynch, dans une séparation croissante des rôles entre fabricants de matériels et éditeurs de logiciels. Systèmes d’impression désormais dotés de leurs propres systèmes d’exploitation et capables de s’ouvrir aux applications tierces, plateformes de pilotage visant la standardisation, automatisation toujours plus poussée des tâches, depuis la composition jusqu’à la post-composition, le mouvement affecterait l’ensemble de l’industrie. « Le besoin croissant de personnalisation implique non seulement de pouvoir manipuler d’importants volumes de données mais aussi, et peut-être surtout, d’être en mesure de les échanger, de les enrichir à chaque étape du traitement. Nous passons d’une industrie construite en silos à une chaîne de valeur intégrée dont tous les éléments sont interconnectés », conclut le directeur de Compart AG aux USA.

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